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Affaire George Floyd : Derek Chauvin a employé une « force létale » disproportionnée, selon un expert

Affaire George Floyd : Derek Chauvin a employé une « force létale » disproportionnée, selon un expert

Derek Chauvin a employé une « force létale » disproportionnée lors de l’arrestation de George Floyd, a estimé mercredi 7 avril un expert, une nouvelle brèche dans la défense de ce policier blanc, jugé à Minneapolis pour le meurtre l’an dernier du quadragénaire afro-américain.

Immobilisé, le cou bloqué par le genou de Derek Chauvin, George Floyd « était allongé sur le ventre, il était menotté, il n’essayait pas de s’échapper ni de résister », a expliqué Jody Stiger, policier à Los Angeles et spécialiste de l’usage de la force dans la police.

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« Un policier ne peut utiliser qu’un niveau de force proportionnel à la sévérité du crime ou au niveau de résistance d’un individu face aux policiers », a-t-il expliqué, au regard du code de procédure de la police de Minneapolis.

L’expert a admis que George Floyd, menotté, avait dans un premier temps résisté en refusant de s’asseoir à l’arrière d’un véhicule de police, au motif qu’il était claustrophobe. Mais une fois à terre, il avait rapidement cessé de se débattre et les policiers auraient dû l’installer sur le côté ou en position assise, une consigne nationale en vigueur dans la police depuis deux décennies, selon lui.

L’hypothèse de la déconcentration par les passants

Interrogé par Eric Nelson, l’avocat de l’accusé, Jody Stiger a toutefois admis que l’usage de la force dans certaines situations « peut apparaître horrible pour le public » même s’il « est légal selon les lois de l’Etat ».

Mais il a écarté l’hypothèse, régulièrement avancée par la défense, selon laquelle les passants qui interpellaient le policier de plus en plus ouvertement à mesure que George Floyd sombrait dans l’inconscience représentaient une « menace » qui aurait pu « détourner son attention » de l’état de santé de l’Afro-Américain.

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Lundi, le chef de la police de Minneapolis, Medaria Arradondo, avait accablé son ancien agent, déclarant qu’il avait « violé les règles » et « les valeurs » de la police lors de l’interpellation.

Et la semaine dernière, Richard Zimmerman, policier depuis vingt-cinq ans dans la grande ville du nord des Etats-Unis, avait fustigé un usage de la force « tout simplement injustifié » et « absolument pas nécessaire ».

Des cachets retrouvés

Derek Chauvin, 45 ans, est accusé d’avoir tué George Floyd le 25 mai 2020 à Minneapolis en maintenant son genou sur son cou pendant plus de neuf minutes, un drame qui a suscité une vague historique de colère contre le racisme aux Etats-Unis.

Il plaide non coupable, affirmant avoir suivi une procédure conforme à sa formation pour maîtriser un suspect récalcitrant, tandis que son avocat assure que le quadragénaire noir, qui soignait une addiction à la drogue, est mort d’une overdose.

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Appelées dans l’après-midi à la barre par l’accusation, deux membres de la police scientifique du Minnesota ont confirmé que des cachets contenant de la méthamphétamine et du fentanyl, un puissant opiacé, avaient été retrouvés dans la voiture de George Floyd et, plus surprenant, dans la voiture de police dans laquelle il avait refusé de s’installer. Une des pilules, retrouvée à côté d’une des baskets du quadragénaire que les policiers lui avaient ôtées pendant qu’il se débattait à terre, portait des traces de son ADN.

Les débats devraient se poursuivre encore environ deux semaines. Le verdict des jurés dans ce procès hors norme n’est pas attendu avant fin avril. Derek Chauvin encourt au moins quarante ans de réclusion.

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Les trois autres policiers impliqués dans la mort de George Floyd seront eux jugés pour complicité de meurtre en août.

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