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Apparition du croissant lunaire : Finie la divergence ! (Par Dr Mbaye DIOUF)

Apparition du croissant lunaire : Finie la divergence ! (Par Dr Mbaye DIOUF)

Au Nom d’Allah, le Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Louange à Allah qui a fait du jeûne (Ramadan) un bouclier pour les pieux, le mois de Ramadan étant béni pour les croyants, bénéfique pour les adorateurs et bien-aimé des gnostiques. Nous attestons que la meilleure Parole est le Livre d’Allah et la meilleure guidance est celle de Muhammad (Paix et bénédiction sur lui), la pire des choses est ce qui est innové et toute innovation est Bid’a, tout Bid’a est ignorance, et toute ignorance conduit à l’Enfer.

La divergence d’opinions des Oulémas a toujours été une Miséricorde. Ce qui est interdit et blâmé, c’est la désunion qui affecte les cœurs des musulmans. Au courant de ces dernières décennies, le Sénégal a connu une histoire particulière, un problème sérieux de consensus quant à l’apparition du croissant lunaire. Une divergence teintée d’une part d’un fanatisme ignorant et d’autre part d’un mimétisme flagrant, conduisant malheureusement à des disputes, injures, médisances, critiques…d’une sévérité extrêmement dangereuse dans une Communauté qui se dit Unie et Solidaire. Sommes toujours des frères musulmans ?

L’Envoyé de Dieu (Paix et bénédiction sur lui) a dit : « Injurier un musulman est une perversité, et le combattre est une incrédulité. » Rapporté par Mouslim

La mise en place de la Commission Nationale de Concertation sur le Croissant lunaire (CONACOC) ne semble pas améliorer la situation, d’aucuns disent qu’elle l’empire. Cette Commission, selon certains, qui s’affiche dépendante et influencée par une certaine pensée, a perdu l’indépendance de l’esprit et de la rigueur scientifique dans sa quête du consensus. L’Islam est une religion qui donne une quote-part importante à la Raison et à la démarche logique. Se trouvant dans un monde en perpétuelle mutation où des expériences nouvelles sont quasi-permanentes, doit-on fermer la porte de la jurisprudence (Al-Ijtihad) ? Doit-on accorder du crédit aux vaniteux illuminés qui prétendent que la législation islamique ne peut pas suivre le progrès et s’accorder avec l’évolution ?

La Commission est appelée à mettre à jour sa méthodologie tout en restant dans les principes du Coran et de la Sunna.  » En cas de désaccord, remettez vous à Dieu et à Son prophète… » (Coran 4:59)

Sur ce fait, rappelons qu’il existe deux positions actuelles, la majorité des Ulémas ont dit que la différence dans les lieux de l’apparition de la nouvelle lune n’est pas considérable. D’ailleurs, dès que les habitants d’un pays aperçoivent la nouvelle lune, le jeûne sera dû pour tout le reste du monde. Cette vision est contredite par d’autres Ulémas qui se référent à la tradition de Kurayb, rapportée par Tirmidhy, dans laquelle Ibn Abass soutint que la lune apparût à Damas était différente de celle apparût à Médine. C’est affirmer que chaque pays, régions ou contrée doit observée sa propre lune indépendamment des autres. Quelle doit être notre position ?

Pour répondre à cette question, retournons dans la tradition musulmane. A l’époque du Messager d’Allah, par défaut de calcul et d’instruments adéquats, le début ou la fin du mois de Ramadan, les moments du jeûne, les heures de prières ont été dictés par l’apparition de la lune et le mouvement du soleil.

Ibn Omar que Dieu l’agrée a rapporté que le Prophète (Paix et bénédiction sur lui) a dit : « Nous formons une communauté non instruite. Nous ne savons ni lire, ni écrire ni faire des calculs. » Rapporté par Mouslim Ce hadith relaté dans un contexte de Ramadan doit être compris comme quoi que la majorité des musulmans n’avait pas accès à la science astronomique pour calculer avec exactitude l’apparition des phases lunaires mentionnées dans le Coran.  » Et la lune, Nous lui avons déterminé des phases jusqu’à ce qu’elle devienne comme la palme vieillie. (Coran 36:39)  » C’est Lui qui a fait du soleil une clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases afin que vous sachiez le nombre des années et le calcul (du temps). » (Coran 10:5) A défaut de cette Balance astronomique, il ne restait que la méthode de scrutation à l’œil nu. Le Messager de Dieu (Paix et bénédiction sur lui) a dit : « Ne jeûnez pas avant d’avoir vu la nouvelle lune, et ne rompez pas le jeûne avant de l’avoir vu. S’il vous est caché, faites une supputation. » Rapporté par Mouslim « Le mois est de vingt-neuf jours. Ne jeûnez que lorsque vous apercevez le croissant. Mais si vous n’arrivez pas à l’apercevoir, comptez trente jours. » Rapportée par Bukhari

Cette méthode a été le choix de bon nombre de savants de la communauté et reste toujours en rigueur dans certaines contrées. L’Imam Ghazali (qu’Allah soit satisfait de lui) nous dit, parmi les obligations apparentes du jeûne : « Surveiller le croissant indiquant le début du mois de Ramadan et si l’apparition n’est pas visible, complétez le mois de Chaabane à trente jours. Ceci se réalise par la vision d’un seul jurisconsulte qui l’annonce. Cependant, la vision du croissant du mois de Chawal doit être confirmée par deux scribes assermentés par précaution. Quiconque entend un scribe assermenté annoncer le début du mois doit jeûner. (Ihyà tom1 p256)

Il faut retenir que la scrutation à l’œil nu ne se limitait pas sur la surveillance du croissant, elle a été appliquée dans la détermination des heures de prières et des moments de jeûne. « La Salât demeure, pour les croyants, une prescription, à des temps déterminés. » (Coran 4:103) Bouraida a rapporté qu’un homme demanda le Prophète (Paix et bénédiction sur lui) au sujet des heures de la prière, il lui répondit :  » Fais avec nous les prières de ces deux jours. » Lorsque le soleil quitta le méridien, il donna l’ordre à Bilal d’appeler à la prière du midi. Le soleil étant encore blanc et pur, il lui ordonna d’appeler à la prière de l’asr. Puis il lui ordonna d’appeler à la prière du coucher du soleil à sa disparition. Puis il lui donna l’ordre d’appeler à la prière du soir quand le crépuscule avait disparu. A la fin il donna l’ordre à Bilal d’appeler à la prière de l’aurore quand la clarté de l’aube avait apparu. Rapporté par Mouslim

Pour rester cohérent, notre Imam Ghazzali (qu’Allah soit satisfait de lui) nous dit à propos : « On reconnait l’heure du midi grâce à l’ombre oblique inclinée vers l’Orient, car l’individu a une ombre qui apparaît, à partir du lever du soleil, du côté de l’Occident, qui s’allonge et au fur et à mesure que le soleil monte dans le firmament, l’ombre s’incline et diminue jusqu’à ce que le soleil atteigne l’arc de la mi-journée où l’ombre cesse de diminuer. Lorsque le soleil atteint son plus haut degré, l’ombre se met à grandir et dès qu’on remarque le prolongement de l’ombre, l’heure de la prière de midi commence. La partie de l’ombre qui se prolonge demeure plus longtemps en hivers qu’en été. (Ihyà tom1 p221)

Aujourd’hui, nous sommes tous d’accord que la scrutation à l’œil nu n’est plus appliquée pour la détermination des heures de prières. Qui parmi nous, scrute la position du soleil avant de prier ? Personne ! Comment allons-nous déterminer les heures de prières lors des jours nuageux ? Que par estimation ! D’après Burayda El-Aslamy : Nous étions avec le Messager de Dieu (Paix et bénédiction sur lui) lors d’une expédition, il nous a dit : « Exécutez la prière d’un jour nuageux le plus tôt possible. » Rapporté par Ibn Maja

Dans ce sens, nous voyons que, littéralement, le jeûne consistant à s’abstenir de manger, boire, s’accoupler, etc depuis l’aube jusqu’au coucher du soleil concerne les habitants des pays équatoriaux et tropicaux ; cette règle n’est pas toujours applicable dans les régions près des pôles où parfois le soleil ne se lève pas ou ne se couche pas pendant des semaines. Que faire devant ce schéma ?

Jeûner sans le soleil ou la lune ! Les préceptes de l’islam étant universels, ils transcendent la simple apparence des astres. Se retrouver un mois dans l’obscurité n’empêche pas de prier ni de jeûner.

Comprenant cela, qu’est ce qui empêcherait d’adopter le calcul des cycles lunaires comme nous le faisons actuellement avec le calcul des heures de prières se basant sur la rotation de la terre ? Le simple fait de savoir que le croissant apparait tel jour, et resterait visible après le coucher ’du soleil, peut être bien considéré comme une vision. Aujourd’hui les scientifiques ont établi un calendrier des cycles lunaires bien détaillé avec des éclipses et d’autres événements cosmiques bien calculés. Le travail de la Commission doit juste s’accentuer sur des vérifications approuvées de certaines phases comme : la 1ère pleine lune qui ne peut être vue qu’à la 14ème nuit ; la conjonction qui marque l’alignement contraire et signe la fin du cycle et enfin l’apparition du croissant dans la marge du visible. Un mystique disait que la première prière du croissant lunaire est le maghreb. Si le délai d’apparition du croissant couvre la durée de la prière du coucher du soleil, il est considéré comme visible même si nous nous retrouvons à un jour nuageux. Nous n’avons plus besoin de s’attarder sur ce détail, et reconnaitre ce fait comme une Miséricorde Divine est une obligation pour tout musulman. Avoir foi à la science, à l’hôpital où tout est prescrit par un humain, et la perdre quand il s’agit des cycles lunaires où tout est mû par une Force Divine Invisible, n’est qu’une ignorance voilée d’hypocrisie.

L’État du Sénégal, en étroite collaboration avec les chefs religieux, les imams ainsi que les jeunes scientifiques, doit veiller sur l’application stricte de ces investigations qui permettront d’anticiper sur les événements et de retrouver le consensus des musulmans Sénégalais ne serait ce que dans cette triste histoire d’apparition du croissant lunaire, car le plus important n’est pas le débat sur un croissant mais surtout la sincérité, la pureté, l’espérance, la joie sur la dévotion du jeûne.

Que la Toute Puissance Divine nous unisse dans Sa Voie parfaitement droite !

L’Envoyé de Dieu (Paix et bénédiction sur lui) a dit : « Les croyants, dans leur affection, leur clémence et leur assistance mutuelle qu’ils portent, sont comparables à un seul corps, lorsqu’un membre est affecté, c’est l’ensemble du corps qui ressent la douleur et la fièvre. » Rapporté par Mouslim

Par Dr Mbaye DIOUF
Administrateur Journal de la Fayda Tidjanniya
Entomologiste LEVP-UCAD

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