add share buttonsSoftshare button powered by web designing, website development company in India
Copa America : Le Brésil n’a pas de numéro 24, et voici pourquoi

Copa America : Le Brésil n’a pas de numéro 24, et voici pourquoi

Le nombre 24 est associé à une insulte homophobe. Le sport n’est pas le seul secteur touché.
 
FOOTBALL – Un simple nombre, source de discorde? Au Brésil, une association LGBT+ a porté plainte pour homophobie contre la Fédération brésilienne de football (CFB) selon Reuters ce jeudi 1er juillet. La raison? Aucun des 24 joueurs de la sélection, toujours en lice en Copa America, ne porte le numéro 24 (les numéros sont accordés en fonction du nombre de joueurs en sélection). Douglas Luiz, dernier de la liste, porte le 25. Le Brésil est donc la seule nation engagée dans la compétition à ne compter aucun numéro 24 dans ses rangs. La CFB a 48 heures pour s’expliquer, mais une raison paraît évidente. 
 
Cette décision cache en effet une réalité bien plus profonde et ancrée dans la culture brésilienne. Le 24 fait directement référence à la communauté homosexuelle. Il est lié à l’insulte « Veado », « pédé » en français. 
 
Pourquoi les deux sont-ils associés? Pour y répondre, il faut d’abord se pencher sur la première traduction du mot « Veado » en portugais, qui signifie « cerf ». Et quel rapport entre le cerf et l’homosexualité? Pas de réponse concrète, mais il existe de nombreuses théories explique Libération.
 
Certains chercheurs ou linguistes l’attribuent au personnage de Bambi repris par Walt Disney dans les années 40, d’autres à un cerf à l’apparence efféminée utilisé comme logo d’une marque de cigarettes dans les années 1920. La période de rut de l’animal, durant laquelle les mâles ont parfois des rapports entre eux s’ils ne trouvent pas de femelles, semble néanmoins la plus probable souligne le quotidien. 
 
Le Brésil, un pays très marqué par l’homophobie
 
Quid de la corrélation avec le numéro 24? Il faut cette fois remonter à 1892. Un notable de Rio de Janeiro décide d’organiser une loterie illégale (qui perdure encore aujourd’hui), le « Jogo do bicho » (« jeu de l’animal ») pour tenter d’attirer du public dans son zoo. Si les numéros 1, 2 et 3 correspondaient respectivement à l’autruche, à l’aigle et à l’âne, le numéro 24 désignait le cerf. 
 
Le tabou autour du nombre est aujourd’hui présent partout au Brésil. En 2015 par exemple, le bureau numéro 24 avait subitement disparu du Sénat, et ce sans la moindre explication. Dans la sphère sportive, c’est encore plus criant puisqu’en plus de la sélection, le 24 est absent des maillots des équipes du championnat brésilien. Un problème pris très au sérieux ces dernières années par les autorités du pays qui ont criminalisé l’homophobie en 2019. En théorie aussi, une insulte homophobe proférée dans un stade peut faire perdre des points à l’équipe en question. 
 
Des efforts notables bien qu’insuffisants pour Luiz Mott, anthropologue et fondateur du Grupo Gay da Bahia, la plus ancienne des associations LGBT+ au Brésil: « Depuis que j’ai créé l’association en 1980, il y a eu d’énormes progrès. On a autorisé le mariage gay, criminalisé l’homophobie, interdit de soigner les gays. Mais dans la vie de tous les jours, la réalité est bien différente. La violence contre les LGBT reste une norme, qu’elle soit verbale ou physique, et le Brésil reste le pays où le plus de lesbiennes, gays, ou transsexuels sont assassinés chaque année (387 meurtres et 58 suicides liés à l’homophonie ou transphobie en 2017) », pointe-t-il auprès de Libération.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *