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Côte d’Ivoire. 5 questions pour comprendre une élection présidentielle sous tensions

Côte d’Ivoire. 5 questions pour comprendre une élection présidentielle sous tensions

Le président sortant, Alassane Ouattara, semble dimanche bien parti pour remporter un troisième mandat, la commission électorale le donnant en tête selon les premiers résultats. Un scrutin émaillé de violences et boycotté par l’opposition.

Au lendemain d’une élection présidentielle émaillée d’incidents ayant fait au moins deux morts, l’opposition ivoirienne, qui a boycotté le scrutin, a appelé dimanche 1er novembre à une « transition civile », alors que les premiers résultats donnent sans surprise une avance écrasante au président sortant Alassane Ouattara en quête d’un troisième mandat controversé.

Quand les tensions sont-elles apparues ?

Le volte-face de Alassane Ouattara marque le point de départ des tensions. Alors que le président sortant affirme depuis mars qu’il ne se représentera pas, il décide finalement le 6 août de briguer un troisième mandat. Ouattara invoque alors un « cas de force majeure » après le décès de son dauphin et Premier ministre Amadou Gon Coulibaly le 8 juillet.

L’opposition conteste son droit de se représenter, la constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels. Mais selon l’interprétation du pouvoir, l’adoption de cette nouvelle loi fondamentale en 2016 a remis les compteurs à zéro.

Comment s’est déroulée la campagne électorale ?

La campagne électorale a été marquée par des violences dans lesquelles plus de 30 personnes ont trouvé la mort, lors de manifestations contre la candidature du président Ouattara.

Deux candidats de l’opposition, Pascal Affi N’Guessan et Bédié, ont appelé à « la désobéissance civile » et au boycott de la campagne et des élections, en affirmant ne pas être « concernée par le processus électoral. » Outre Alassane Ouattara, seul le candidat indépendant Kouadio Konan Bertin dit KKB, crédité de moins de 4 % des voix en 2015 a fait campagne.

Beaucoup craignent une crise majeure, dix ans après la crise post-électorale issue de la présidentielle de 2010 qui avait fait 3 000 morts à la suite du refus de Laurent Gbagbo (2000-2010) de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara.

Comment s’est passé le scrutin ?

Quelque 35 000 membres des forces de l’ordre avaient été déployés dans le pays pour le scrutin du 31 octobre, qui a été émaillé de nombreuses violences. Le bilan exact de ces violences est difficile à établir, mais l’opposition comme le pouvoir ont évoqué des « morts ».

De source sécuritaire, au moins deux morts sont à déplorer « un à Oumé (260 km au nord-ouest d’Abidjan) et au moins un à Tiébissou (centre) ». Le maire de Tiébissou a quant à lui fait état d’un bilan de « 4 morts et 27 blessés » dans sa commune. Alassane Ouattara, 78 ans a appelé au calme samedi : « J’en appelle à ceux qui ont lancé un mot d’ordre de désobéissance civile qui a conduit à des morts d’hommes : qu’ils arrêtent ! Je dis aux jeunes de ne pas se laisser manipuler ».

Selon le Programme Indigo qui avait déployé des observateurs dans tout le pays, « 23 % des bureaux de vote sont restés fermés toute la journée ».

Qui remporte les élections ?

Protégée par un important dispositif policier, la Commission électorale a commencé ce dimanche à annoncer au compte-gouttes des résultats partiels de l’élection en direct à la télévision.

Elle donne en tête Alassane Ouattara dans chacun des 26 départements où a déjà eu lieu le dépouillement de l’élection présidentielle. Le président sortant, 78 ans, a remporté au moins 90 % des suffrages exprimés dans la majorité de ces départements, qui sont pour la plupart des bastions de son camp. Le pays compte au total 108 départements.

Et maintenant ?

Les tensions entre le pouvoir et l’opposition sont au summum. Dans une déclaration commune lue, dimanche, par l’ancien Premier ministre et candidat inscrit à l’élection Pascal Affi N’Guessan, l’opposition appelle à une « transition civile » pour une nouvelle présidentielle « juste » et « à la mobilisation générale des Ivoiriens pour faire barrage à la dictature et à la forfaiture du président sortant ».

Le parti au pouvoir, à travers la voix d’Adama Bictogo, les a mis en garde contre « toute tentative de déstabilisation ». Le directeur exécutif du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix a aussi accusé nommément les responsables de l’opposition d’être les « commanditaires » des violences qui ont émaillé le scrutin samedi.

Ces tensions en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, font craindre une nouvelle crise dans une région éprouvée par des attaques jihadistes au Sahel, un putsch au Mali, une élection contestée en Guinée et une contestation politique chez le géant voisin nigérian.

« Le grand défi de l’après-élection pour le parti au pouvoir va être de recréer un dialogue avec l’opposition, sinon les tensions seront récurrentes », a estimé Rodrigue Koné, analyste politique.

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