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MALI : Un rapport des Nations Unies décèle « une forte détérioration » de la situation des droits humains

MALI : Un rapport des Nations Unies décèle « une forte détérioration » de la situation des droits humains

Baisse des attaques asymétriques

Les violences ont toujours droit de cité dans ce pays ouest-africain, même si une légère baisse a été notée dans ce qu’on peut appeler les attaques asymétriques. Selon le rapport lu à Dakaractu, les attaques au moyen d’engins explosifs improvisés ont baissé par rapport à la même période en 2019 et en 2020.

Concrètement, cela donne 137 attaques en 2021 contre 168 pour 2019 et 2020. A l’occasion de ces attaques, rapporte le Secrétaire général de l’Onu, 7 soldats de la Minusma ont perdu la vie et 87 ont été blessés. À la même période l’année dernière, 4 morts et 69 blessés avaient été recensés.

Durant ces trois derniers mois, les forces nationales et internationales, la Minusma et les groupes armés signataires, ont essuyé 44 attaques dites asymétriques, rapporte le patron de l’Onu qui précise que 23 % d’entre elles ont eu lieu dans le nord du pays. Le centre du Mali a été aussi affecté à raison de 17 attaques dans la région de Mopti, 4 dans celle de Ségou. Ce qui fait un total de 21 attaques. Au cours de la période précédente, 57 attaques asymétriques avaient été enregistrées.

Cette baisse est constatée sur le nombre d’attaques contre la Minusma qui n’est que de 14 alors que six mois auparavant, il avait été rapporté 39 attaques qui ont fait 7 morts. Pendant ce temps, les forces maliennes ont dû faire face à 25 assauts au cours desquelles 49 de leurs membres et 2 membres de la police et de la gendarmerie ont été tués. Les blessés s’élèvent à 55 dont 53 issus des rangs des Fama et 2 membres des forces de sécurité.

Cette tendance baissière a été notée dans les attaques contre les civils. D’après le rapport, au 26 mai, 307 attaques dirigées contre les populations avaient été signalées. Lors de ces attaques, poursuit le SG de l’Onu, 158 civils ont été tués, dont 3 femmes et 4 enfants. Les enlèvements dénombrés durant cette période montent à 125 dont 3 femmes et un enfant.

Détérioration de la situation des Nations Unies

À propos de la situation des droits humains, le rapport constate une « forte détérioration qui s’explique principalement par une augmentation de la violence contre les civils, en particulier dans certaines zones du sud du pays ». Les groupes extrémistes répondent toujours présents quand il s’agit d’exercer des violences susceptibles de provoquer des meurtres, de graves dommages corporels et des déplacements forcés.

Dans ce registre, on retrouve malheureusement les forces de sécurité. Le Secrétaire général de l’Onu révèle que de nouvelles violations ont été commises dans le contexte d’opérations de sécurité ou de lutte contre le terrorisme et une forte augmentation du nombre d’enlèvements, imputables en grande partie à des groupes armés et milices communautaires dans le centre du Mali.

Les forces de défense et de sécurité au coeur des actes de violation des droits humains

Convoquant les chiffres, le rapport fait état de 442 violations des droits humains (181) et atteintes à ces droits (241), soit 13 de plus que pendant la période précédente. Dans les détails, il s’agit d’exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires qui ont fait 39 victimes, 41 meurtres, 72 blessés, 51 cas de tortures ou autres traitements inhumains.

Les disparitions forcées sont aussi répertoriées et seraient au nombre de 6 tandis que les enlèvements s’élèvent à 118. À côté, 95 cas de détention prolongée et de violations des garanties d’une procédure régulière ont été recensés.

Le rapport a situé ces violations qui se sont passées en majorité dans le centre du Mali. La Région de Bandiagara en a connu 51 alors que Douentza en compte 82. Mopti et Ségou sont respectivement touchées à raison de 21 et 34.

Dans le nord du pays, les régions de Gao (38), Kidal (34), Ménaka (42) et Tombouctou (17) ont servi de cadre pour ces violations des droits humains. Le Sud du pays n’est pas aux abonnés absents. Les régions de Kayes et de Sikasso comptent 16 et 17 cas alors que le district de Bamako en a enregistré 70.

Le rapport révèle que ces « violations et atteintes ont été imputées aux forces nationales (92), aux autorités judiciaires (68), aux forces armées nigériennes (21), aux groupes armés signataires de l’Accord et y adhèrent (34), aux groupes armés et milices communautaires (97) et aux groupes extrémistes violents (110).

Les maliens appelés à l’unité

Ces chiffres ont le don de montrer que la situation sécuritaire et humanitaire au Mali ne s’est pas améliorée quoique par moment, la tension connaisse une baisse. Des événements qui ont cours dans un pays qui traverse une nouvelle fois une crise politique après le coup d’État perpétré contre le président de la transition, Bah N’Daw. Événements qui préoccupent profondément le secrétaire général des Nations Unies. Antonio Guterres est courroucé par cette spirale de changement de gouvernements qui, selon lui, doit cesser.

Il est d’autant plus inquiet qu’en dehors de Bamako, l’insécurité et l’extrémisme violent se propagent à un rythme alarmant, réduisant davantage la présence limitée de l’État. Ce à quoi s’ajoute la fermeture des écoles qui va crescendo. « Aujourd’hui, le Mali a plus que besoin que ses dirigeants fassent bloc dans l’intérêt de leur pays et pour l’avenir de leurs enfants », exhorte-t-il les maliens à l’Unité.

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