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Mozambique. « Nous ne pouvons pas les secourir » : MSF limité dans ses capacités d’action

Mozambique. « Nous ne pouvons pas les secourir » : MSF limité dans ses capacités d’action

Sans action immédiate, la situation va continuer à se détériorer dans le nord du Mozambique. Les organisations non gouvernementales (ONG) ont du mal à faire face à l’afflux de réfugiés et aux premiers cas de choléra.

Médecins sans frontières (MSF) a dû suspendre ses activités médicales à Mocimboa da Praia en mars 2020, puis en mai à Macomia après une attaque des insurgés au cours de laquelle le centre de santé où MSF travaillait a été saccagé et brûlé. On estime que plus de vingt centres de santé locaux ont été détruits dans le conflit. Alain Kassa, directeur de MSF Belgique au Mozambique, fait le point.

Quelle est la situation humanitaire dans la province de Capo Delgado, attaquée par des rebelles islamistes ?

Le nombre de déplacés par les combats ne cesse d’augmenter. Selon le gouvernement, on est proche du demi-million, soit près d’un quart de la population de la province. Pemba, la ville principale de 200 000 habitants, héberge plus de 80 000 déplacés. Ces gens ont presque tous perdu un membre de leur famille : des enfants ont été recrutés par les insurgés islamistes, des femmes kidnappées et des fonctionnaires tués devant leurs yeux. Les rebelles chassent tous les habitants des zones qu’ils occupent et il y a encore beaucoup de déplacés en brousse. Mais nous ne pouvons pas les secourir, car on n’a pas le droit d’aller dans les zones de combat. On ne peut pas négocier avec les insurgés : le gouvernement ne leur parle pas et c’est trop dangereux.

Alain Kassa, directeur de Médecins sans frontières (MSF) Belgique au Mozambique.© MSF Alain Kassa, directeur de Médecins sans frontières (MSF) Belgique au Mozambique.

Quels sont les besoins ?

Beaucoup de déplacés sont accueillis par leurs familles et vivent dans des chambres surpeuplées. D’autres sont logés dans des abris temporaires. Les besoins alimentaires semblent couverts, mais l’eau potable manque. Il y a des cas de choléra et on craint une explosion de la malaria, avec le début de la saison des pluies. Les autorités parlent de créer des camps. Mais on entre en période de grandes vacances et le pays manque de moyens et de personnel, déjà mobilisé par la lutte contre le Covid-19.

Le Mozambique est lent à mobiliser l’aide internationale ?

Depuis mercredi, le personnel humanitaire peut obtenir un visa prioritaire. C’est un pas important. Mais on aimerait un plan d’urgence, comme lors des deux cyclones de 2019. On pourrait faire beaucoup plus ; par exemple, vacciner les enfants et distribuer des moustiquaires. Les déplacés, eux, craignent de perdre leurs terres. Il y a beaucoup de suspicion de complot, lié au projet d’exploitation gazière dans le nord de la province (N.D.L.R. : où Total notamment dispose de concessions). Depuis des mois, le gouvernement a cherché à minimiser la menace islamiste, mais la crise ne cesse de s’aggraver.

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