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Le Sénégal a connu un moment de production cinématographique glorieux avec des cinéastes de classe soucieux des intérêts, aspirations et des valeurs cardinales du peuple sénégalais.

Aujourd’hui, on note une mutation profonde de ce monde de production qui semble aller à contre-courant de ce passé prestigieux et responsable. Les séries télévisées qui passent depuis quelque temps sur nos écrans sont d’une violence inouïe contre notre modèle sociétal traditionnel et notre système de valeurs.

Les messages véhiculés dans des séries comme Infidèles et « Takkema », pour ne citer que celles-là, sont subversifs à volonté. Ils ne font pas dans la dentelle pour fustiger sans nuance nos valeurs et pratiques de société. Ils font, sans retenue, la promotion d’un mode de vie et de convictions aux antipodes de ce qui fait notre authenticité et notre spécificité.

Sans esprit critique, il est très facile de succomber à cette auto-flagellation collective à laquelle ces séries invitent nos populations. L’objectif est clair : promouvoir une autre société par une lecture déficitaire de ce qui a fait jusqu’ici notre identité socioculturelle.

Certaines franges de notre société, dont la plus fragile est la jeunesse, subissent de la part de ces séries un matraquage tel qu’elles sont, au mieux, de plus en plus en perte de repères, au pire dans une dynamique d’imitation de comportements et de pratiques révélateurs d’un processus d’aliénation morale, mentale et sociale.

Nous déplorons à longueur de journée la crise des valeurs qui affecte notre pays ; Nous observons cette stratégie visant a pousser les catégories stratégiques de notre société, que sont les jeunes et les femmes, à se braquer contre les normes sociales les plus sacrées de notre société. Cela est loin d’être une question de génération spontanée. Cela relève d’une volonté affichée de corrompre ces couches par la mise en œuvre d’une stratégie plurielle dont la manipulation médiatique est une des dimensions majeures.

En regardant cette nouvelle série intitulée « Takkema », on n’a nul besoin de trop chercher pour déceler cette volonté de remise en cause de nos valeurs culturelles et religieuses par une attaque sévère de notre institution sociale de base qu’est la famille.

Cette série nous dit que :

le lien familial ne doit plus découler de l’amour vrai et de l’intention de fonder une famille conformément aux règles traditionnelles et religieuses, mais plutôt d’intérêts bassement matériels ;

la femme moderne, avertie et à la page est celle qui met la carrière professionnelle au-dessus de la vie conjugale et des responsabilités qu’elle implique ;

que l’homme n’est plus un époux avec qui l’on partage amour, volonté de vie commune et responsabilités, mais un partenaire éphémère auquel on est lié par un contrat précaire dont la rupture est souhaitable si l’on en croit ce morceau de dialogue de la série « Fassema » faisant l’apologie du divorce : « seuye neexul, seyata neekh » ;

que se conformer aux enseignements de sa religion en mettant le voile est ringard et, à la limite, porte malheur ;

que les hommes, en commençant par les pères, sont des despotes, des tyrans, à la vie dissolue, alcooliques de surcroît ;

que les bons conseils puisés dans la tradition et la religion pour la consolidation des liens familiaux masquent des rapports de domination et d’oppression de la femme en ménage.

Ces exemples n’épuisent pas les griefs faits à notre modèle familial, mais donnent une idée assez juste de la volonté de le stigmatiser et d’en appeler à son démantèlement. Cette vision qui a valu à l’occident sa dégénérescence actuelle.

L’épisode 3 de takkema a partir de la 13eme minute de takkema promeut ouvertement l esprit de défiance et de déviance de l’écrivain ken bougoul envers nos valeurs en magnifiant le contenu libertin et pornographique de son oeuvre

Des séries du genre commencent à foisonner et participent, avec les télénovelas, les réseaux sociaux et même certains dessins animés, à susciter chez notre jeunesse et nos femmes un esprit de rébellion contre la famille, le mariage, la piété filiale, l’attachement à nos valeurs culturelles et religieuses, etc.

Si l’on sait que la production de ce genre de séries nécessite un financement hors de portée de nos producteurs locaux, on peut craindre un financement étranger, avec tout ce que cela peut comporter comme conditionnalités. C’est dire combien tout cela peut être fatal à notre souveraineté socioculturelle.

Le cinéma, la télévision et les productions culturelles sont de puissants moyens d’influence et tout pays responsable doit s’en préoccuper. C’est la raison d’être des dispositifs de filtrage, pour ne pas dire de censure.

À en juger par la prolifération actuelle des séries en question et les nombreuses séquences scandaleuses qu’elles charrient, nous avons la nette impression que nos dispositifs ne fonctionnent pas ou peu.

Il est temps de revoir leur mode de fonctionnement pour qu’ils jouent pleinement leur rôle de protection et de préservation de notre jeunesse, de notre modèle familial, de nos valeurs culturelles et de civilisation.

Nous ne comptons nullement assister, les bras croisés, à cette agression en règle avec l’autorisation d’autorités telles que la direction de la cinématographie, qui a été maintes fois interpellée à ce propos par plusieurs associations, en vain.