On connaissait la République des valeurs, bienvenue dans la République du sur-mesure.
Depuis leur arrivée au pouvoir, les dirigeants de Pastef se croient investis d’une mission divine qui les placerait au-dessus des lois, de la Constitution, et du simple bon sens.
Le dernier caprice en date ? Le retour forcé, par la petite porte et au mépris du droit, de M. Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale.
Un forcing qui vire à la farce institutionnelle et qui confirme le recul démocratique effrayant dans lequel ce régime tente d’enfoncer le Sénégal.
Dans leur logique de communication à outrance, les théoriciens du pouvoir tentent de nous faire avaler une couleuvre juridique de taille :
un Premier ministre pourrait, selon son humeur ou son agenda politique, congeler son mandat de député pour le ressortir du réfrigérateur dès que le vent tourne.
Malheureusement pour eux, le Sénégal est encore régi par des textes.
En 2024, lorsque M. Sonko s’est présenté aux législatives, il était déjà confortablement installé dans le fauteuil de Premier ministre. Il n’était pas un député promu ministre, mais bien un ministre en fonction ayant choisi de briguer un mandat parlementaire.
L’article 54 de notre Constitution et l’article LO.163 du Code électoral interdisent formellement ce cumul.
Plus encore, l’article 118 du Règlement intérieur alors en vigueur imposait une règle d’or :
le ministre élu député avait huit jours pour démissionner de son poste exécutif sous peine d’être déclaré démissionnaire d’office de son mandat législatif.
M. Sonko a choisi les projecteurs de la Primature.
Il a sciemment laissé mourir son mandat de député en 2024.
Venir aujourd’hui réclamer un siège qu’il a lui-même sacrifié sur l’autel de son ambition exécutive est d’une indécence politique rare.
La Constitution du Sénégal n’est pas le règlement intérieur de Pastef.
L’Assemblée nationale n’est pas un jouet thérapeutique pour un ex.Premier ministre en crise de légitimité.
Ce forcing est le symbole absolu du recul démocratique sous l’ère Pastef : promesses de rupture trahies, manipulation grossière des textes, et culte de la personnalité érigé en mode de gouvernance.
Ousmane Sonko doit comprendre que la République ne se pliera pas à ses caprices. Respectez la loi, restez à votre place, ou le peuple sénégalais se chargera de vous rappeler que nul n’est au-dessus de la patrie !
Le Sénégal vaut mieux que des arrangements combinards.
Les institutions resteront, les régimes aussi passeront.
Prétendre appliquer un texte de 2025 à une situation définitivement tranchée et perdue en 2024 est une imposture intellectuelle et un viol flagrant de notre architecture juridique.
Si le ridicule tuait, la majorité parlementaire de Pastef serait en deuil national.
Respectez la Constitution ! Respectez le peuple sénégalais !
Le Sénégal est une République, pas un royaume.
Respectez nos lois, ou l’histoire et le peuple se chargeront de vous rappeler à l’ordre.
Face au coup d’État institutionnel, la résistance est un devoir
Honorable Maimouna sene
