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Le ministère américain de la Justice a rendu public un tombereau de nouveaux documents du dossier Epstein, ce vendredi 30 janvier. Alors que l’institution est régulièrement accusée de manquer de transparence et de couvrir Donald Trump dans cette affaire, son numéro deux, Todd Blanche, a profité de l’occasion pour défendre ses services.

 

Todd Blanche, le numéro deux du département américain de la Justice, lors de la conférence de presse qu’il a donnée vendredi 30 janvier à Washington à l’occasion de la publication de plusieurs centaines de milliers de nouveaux documents relatifs à l’affaire Epstein. REUTERS – Elizabeth Frantz

Le département américain de la Justice a publié des centaines de milliers de nouveaux documents liés à l’affaire Epstein, ce vendredi 30 janvier, affirmant avoir ainsi respecté l’obligation imposée à l’administration Trump de faire toute la transparence sur ce dossier politiquement explosif.

« Aujourd’hui, nous publions plus de trois millions de pages, dont plus de 2 000 vidéos et plus de 180 000 images », a déclaré le numéro deux du ministère de la Justice, Todd Blanche, lors d’une conférence de presse.

 

 

Comme lors des précédentes publications, on retrouve notamment parmi elles un grand nombre de documents citant des personnalités publiques comme Bill Gates, Elon Musk ou le prince Andrew, précise notre correspondante à New York, Loubna Anaki.

« Quel(le) jour/soirée aura lieu la fête la plus déjantée sur ton île ? »

Un brouillon de courrier électronique de Jeffrey Epstein diffusé vendredi évoque par exemple des relations extraconjugales de Bill Gates, dont le divorce avec son épouse Melinda avait notamment été motivé par sa relation avec le financier américain.

La Fondation Gates a démenti dans un communiqué aux médias « des accusations absolument absurdes provenant d’un menteur patenté ».

Un autre document montre un échange d’e-mails entre Elon Musk et Jeffrey Epstein en 2012, dans lequel le magnat de la tech demande : « Quel(le) jour/soirée aura lieu la fête la plus déjantée sur ton île ? »

Dans un message publié samedi sur X, Elon Musk a déclaré être conscient que cet échange pouvait être « mal interprété et utilisé par [ses] détracteurs pour salir [son] nom », avant d’appeler à la poursuite en justice de « ceux qui ont commis des crimes graves avec Epstein ».

D’autres hommes d’affaires, comme le milliardaire britannique Richard Branson, cofondateur de Virgin Group ou Howard Lutnick, l’actuel secrétaire au Commerce de Donald Trump, sont également cités.

Un échange datant de fin septembre 2010 met lui en lumière les liens entre Jeffrey Epstein et l’ex-prince Andrew, qui invitait alors le premier à Buckingham Palace, sans que les documents ne précisent si les deux hommes se sont vraiment rencontrés à cette occasion.

Selon le New York Times, les dossiers publiés « semblaient [aussi] contenir au moins 4 500 documents mentionnant Donald Trump ». « L’un d’eux était un résumé, établi l’été dernier par des agents du FBI, de plus d’une douzaine de signalements de citoyens concernant M. Trump et M. Epstein », précise l’article. Mais la note ne comprend aucune preuve probante, poursuit le quotidien, qui n’a pas pu vérifier ces allégations.

Pour sa part, le président américain reconnaît avoir fréquenté Epstein à l’époque mais assure avoir rompu avec lui avant qu’il ne soit inquiété par la justice.

« Fin du processus »

Au total, près de 3,5 millions de pages ont été publiées par le gouvernement depuis décembre sous la contrainte d’une loi, a ajouté Todd Blanche.

« La publication d’aujourd’hui marque la fin d’un processus très approfondi de recensement et d’analyse de documents pour garantir la transparence au peuple américain et le respect de la loi », a-t-il souligné en lisant une lettre au Congrès.

 

Une fois son rapport remis au Congrès et les justifications des caviardages des documents publiées au Journal officiel, « le ministère aura rempli ses obligations fixées par la loi », selon cette lettre signée par Pam Bondi, et M. Blanche.

Manque de transparence, lenteur et suspicion

En réaction aux nouvelles révélations, la Maison Blanche a de nouveau précisé que les pages publiées ce vendredi contenaient de nombreux faux documents appartenant à la vaste enquête menée autour des activités criminelles de Jeffrey Epstein.

Alors que le département de la Justice, qui a été contraint de publier ces documents après le vote d’une loi au Congrès, est régulièrement accusé d’un manque de transparence dans cette affaire et que la lenteur de la procédure alimente toute sorte de suspicions, Todd Blanche a également tenu à défendre ses services.

« On répète partout que le département de la Justice protège Donald Trump. C’est faux ! On ne protège ni Donald Trump ni personne », a-t-il ainsi déclaré, affirmant par ailleurs à plusieurs reprises qu’aucun document n’apportait de révélations explosives de nature à justifier de nouvelles poursuites.

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