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Dans le cadre de la journée mondiale des maladies thyroïdiennes célébrée tous les 25 Mai, Seneweb a mis le focus sur ces pathologies. L’hypothyroïdie, ou thyroïde sous-active, est une maladie dans laquelle la thyroïde produit moins d’hormones que ce qui est nécessaire pour une fonction normale de l’organisme. L’effet contraire se produit quand il s’agit de l’hyperthyroïdie.

 Au Sénégal, la maladie thyroïdienne la plus connue est le goitre. Plusieurs personnes souffrent de ces maladies, les femmes en particulier. D’ailleurs, il existe une association est mise sur pied pour mieux faire face à la maladie. 

Mame Ndèye Sène : « pourquoi il faut aider les malades »

 Mame Ndèye Sène est enseignante. Formée à l’école des arts où elle sort comme professeur de Musique, elle a été détachée au ministère de l’Enseignement supérieur après plusieurs années de service. Actuellement à l’Office du Bac, elle est en même temps le porte-étendard de l’Association sénégalaise des malades de la thyroïde. 

Une association qu’elle a mise sur pied après avoir été elle-même victime de la maladie de basedow, une pathologie thyroïdienne.  » Quand je me suis battue difficilement avec la maladie, j’ai constaté que beaucoup en souffraient et n’avaient pas encore une initiative associative qui met en avant l’entraide entre les patients. J’ai pris la décision’’ narre-t-elle. Elle ajoute que beaucoup avaient des signes mais ne comprenaient pas. Certains ont découvert tardivement quand les yeux sortent de l’orbite ou que le cou prend du volume. Pour son cas, on lui administrait le traitement de l’asthme.  » On ne sait pas ce qui se passe, on perd beaucoup d’argent et on rate l’occasion de se faire traiter précocement » se désole-t-il. Et de préciser, c’est une maladie très sournoise. 

Six mois de traitement intense et stressant… 

 ‘’Quand j’ai compris réellement ce qui m’était arrivé, ça m’a un peu déstabilisé mais on m’avait rassuré qu’il suffisait de suivre convenablement le traitement pour s’en sortir et continuer à vivre » raconte Mme Sène qui se souvient encore du marathon qu’elle a connu avant de revoir le bout du tunnel. Elle explique que le traitement demande patience mais surtout une persévérance. C’est d’ailleurs dit-elle le problème avec les malades.  » Beaucoup se stabilisent difficilement, ce sont des analyses et examens interminables. Les malades de la thyroïde sont souvent épuisés, ils sont à bout de souffle. À force de dépenser pour ce traitement qui est, il faut le dire coûteux, il se lâche et abandonne. Cela quand ils sont souvent proches de l’objectif. Conséquence le malade continue de gagner du terrain et peut être fatale ».

Une rupture fréquente des médicaments

Les malades de la thyroïde prennent beaucoup de médicaments pour leur traitement. Souvent toute pour toute la vie. Seulement le médicament est souvent en rupture dans les pharmacies au niveau national. Par ailleurs, Mme Sène invite l’État à travers la pharmacie nationale d’approvisionnement à veiller à la disponibilité des médicaments. Mais aussi et surtout à la subvention pour qu’il soit beaucoup plus accessible aux malades. Surtout pour les femmes parce qu’il faut savoir que sur les 10 les 09 sont des femmes. À noter que l’association compte plus de 1000 membres.  La Présidente souligne que les malades ont développé une certaine solidarité qui consiste à se partager les médicaments en cas de rupture. 

Absence de statistiques

Même si dans l’association que dirige Mme Séne le nombre de malades est connu, ce n’est pas le cas au niveau du Sénégal. Beaucoup souffrent de la maladie sans le savoir d’autres ne sont pas affluents à l’association entre autres aspects qui font qu’on est en face d’une absence totale des chiffres. « Nous invitons l’Etat à donner beaucoup plus de valeur à la prise en charge de cette pathologie. En 2015 quand nous sommes allés après au ministère de la santé, ils disaient ne pas célébrer la Journée mondiale. Nous l’avons donc célébré le 25 mai de cette année à Tombe. Depuis ça se célèbre au Sénégal à Dakar sauf pendant l’année de la Covid » raconte la Présidente. 

 Quand la stigmatisation impacte le traitement

 » Pendant la maladie, j’étais maigre. J’avais complètement dépéri et mon entourage se faisait le plaisir de me le rappeler. À chaque fois je leur disais que le quartier me connaît, je suis malade et je suis mon traitement, pour le reste je m’en remets à Dieu ». Cette force de Ndèye Sène qui émane d’un mental fort n’est malheureusement pas donnée à tous les malades. Beaucoup d’entre eux supportent mal la stigmatisation.  » Pendant nos rencontres, certains refusent même de venir sous prétexte que leur apparence les met mal à l’aise.  » , explique la Présidente. Elle ajoute qu’il faut être psychologiquement fort pour faire face, c’est une maladie qui a la longue te déforme. Elle invite pour éviter ces circonstances, les médecins à inclure les bilans thyroïdiens pour un diagnostic précoce. 

Yande Diop

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