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 Le syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames) a deposé sur la table du gouvernement du Sénégal depuis le 20 décembre 2023 une plateforme revendicative nationale.

Vers une centralisation des urgences

Ces deux derniers jours, les médecins ont observé deux jours de grève suite à l’agression d’un des leurs à Saint-Louis. Un mot d’ordre avec respect des urgents observé par 9 médecins sur 10 à selon le secrétaire général du syndicat. Mais l’entité ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « Dans les jours à venir nous allons placer un plan d’action national pour obliger l’Etat du Sénégal à venir s’assoir à la table des négociations et à mettre les points essentiels. Jusqu’à présent on est en face d’un dilatoire sans précèdent. Dans notre plateforme de revendications nous avons une panoplie de mode d’action mais nous avons jugé nécessaire de se limiter dans un premier temps au respect des urgences.  On va aller vers la centralisation des urgences par exemple on peut décider qu’à Dakar une seule structure va s’occuper des urgences et les patients vont converger vers. L’avènement de la Covid a montré que la question de la santé doit être souveraine

Les quatre grands axes de la revendication

En ligne de fonds, il y a quatre grands axes selon le secrétaire général du syndicat.  Il s’agit explique le docteur Mamadou Demba Ndour face à la presse, du statut particulier du médecin. « Dans ce statut nous revendiquons un privilège de juridiction pour que dans le cadre de l’exercice de sa fonction, le médecin ne puisse plus être interpellé de manière sauvage. Nous voulons que désormais si on veut poursuivre le médecin, qu’il ait des démarches préalables. Il s’agit de la saisine du ministère de la santé et de l’action sociale pour pouvoir garantir en cas de détention une continuité des services de soins mais aussi en deuxième niveau, une saisine des ordres professionnels » dit-il. Il spécifie que dans le cadre de sa professions seuls les ordres sont habilités d’apprécier le bien fondé de tel acte ou autre de la médecine. « Il est impératif que si on veut poursuivre un agent de santé dans l’exercice de ses fonctions qu’on donne avis à l’ordre insiste-t-il.

 Au-delà du privilège de juridiction, les médecins demandent aussi un régime particulier pour pouvoir définir une retraite décente. « Compte tenu de leur cursus long, les médecins démarrent le travail tardivement et ceci ne leur permet pas de se positionner pour une bonne retraite » selon le secrétaire général. D’ailleurs cela explique à l’en croire que bon nombre de médecins trouvent des solutions   et tout ceci impacte négativement sur le système de santé. Tout ceci fait que les praticiens encore moins les patients ne sont contents du service de santé public qui existe au Sénégal

S’agissant du troisième axe de la plateforme, Mamadou Demba Ndour met l’accent sur la gestion des carrières pour les jeunes dès leur sortie de l’université. La médecine étant une profession avec pas beaucoup de ressources humaines, l’État doit finaliser leur spécialisation pour les utiliser partout dans le territoire national pour lever l’inégalité territoriale dans l’offre de soin. « Il faut aussi une démocratisation de l’offre de soin. Quand on a un grand brulé on rencontre toutes les difficultés du monde, il en est de même pour les prématurés et les femmes qui sont en couche qui sont trimballés de service en service parce que la capacité d’accueil est limitée » dit-il. Il ajoute que sur la plateforme, l’accompagnement des malades en phase terminale. L’exemple des malades de cancer en phase terminale, des malades pour qui la science médicale ne peut plus rien faire. « Ils ne peuvent pas être laissée à la merci des familles qui ne savent pas quoi faire. Il faut que le système de santé puisse les accompagner dans cette fin de vie pour affronter leur destin avec beaucoup de dignité mais aussi pour le soutien des familles parce que tout ceci doit être dans un cadre d’offre de soins qui prend en charge la personne dés sa naissance jusqu’à sa mort » explique le secrétaire général.

 Sur le dernier axe, « la grande question doit être axée sur l’impérieuse nécessité de fixer le personnel de santé Sénégalais qui est hautement compètent au Sénégal en réglant les problèmes d’un faible niveau de rémunération mais celui de la retraite mais surtout en ramenant dans le secteur de la santé la sérénité et la joie de servir parce qu’au-delà de tout la profession médicale a pour principal Object d’être au service de la population ».

Yandé Diop

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