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Le calvaire d’une journaliste philippine en dit long sur l’état démocratique du pays asiatique

Le calvaire d’une journaliste philippine en dit long sur l’état démocratique du pays asiatique

Depuis son élection à la tête des Philippines, le mandat du président Rodrigo Duterte est sanglant, notamment avec sa guerre contre la drogue, causant des milliers d’exécutions extrajudiciaires de vendeurs et de consommateurs. Mais le climat est également irrespirable pour la presse, comme le raconte la journaliste Maria Ressa dans une interview à The Independent. La directrice générale du site d’information et d’investigation philippin Rappler a déclaré au magazine anglais que la rhétorique populiste de Duterte était «aussi attrayante que celle d’Hitler» par la haine qu’elle véhicule.

La journaliste en est l’exemple vivant, elle qui a passé près de 20 ans à travailler comme journaliste d’investigation en Asie du Sud-Est pour CNN. Alors que son équipe au sein de Rappler a découvert un réseau de 26 comptes Facebook diffusant de fausses informations qui ont atteint trois millions d’utilisateurs avant les élections remportées par Duterte en 2016, Maria Ressa risque jusqu’à 100 ans de prison pour des accusations d’atteinte à la liberté de la presse.

La journaliste est visée par neuf affaires pénales d’accusations de cyber-diffamation contre elle et est ciblée par dix mandats d’arrêt. De quoi provoquer des torrents de haine à son encontre. Lorsque l’Unesco lui a décerné son prix annuel pour la liberté de la presse en avril dernier, l’agence culturelle des Nations Unies a indiqué qu’elle avait reçu en moyenne plus de 90 messages haineux par heure sur Facebook. «Près d’un demi-million de publications sur les réseaux sociaux m’ont attaquée. 60% détruisaient ma crédibilité. C’est le but. 40% me détruisaient. C’était sexiste. C’était misogyne. C’était déshumanisant», a ajouté Maria Ressa, avec des menaces de viol ou de mort.

Pour la journaliste, les accusations contre elle sont «inventées de toutes pièces» et sont formulées en réaction aux enquêtes de son média sur la guerre sanglante contre la drogue. De son côté, Rodrigo Duterte a déjà qualifié le média Rappler d’«outil de fausses informations».

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