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Un an après la « revolution », le Liban ne sort pas de la crise

Un an après la « revolution », le Liban ne sort pas de la crise

Les Libanais marquent le premier anniversaire de leur mouvement de contestation populaire, qui a secoué l’élite politique, mais n’est pas parvenu à engager de véritables réformes.

Il y a un an, en octobre 2019, un soulèvement populaire inédit contre la classe dirigeante, accusée de corruption et d’incompétence, était déclenchée au Liban.

Trois chefs du gouvernement ont démissionné depuis le début du mouvement, mais les principales personnalités politiques occupent toujours le pouvoir malgré les pressions au Liban et à l’international.

Les protestants doivent manifester samedi à 15h en direction du port de Beyrouth, où une puissante explosion le 4 août a fait plus de 200 morts et plus de 6 500 blessés. Une veillée aux chandelles est prévue à 18h07 (15h07 GMT), heure précise de l’explosion dont la responsabilité est largement imputée à la négligence des autorités.

Les protestataires ont également installé, près du site de la déflagration, une sculpture pour marquer l’anniversaire de la « révolution » du 17 octobre. « Nous ne considérons toujours pas [nos dirigeants politiques comme légitimes] », a affirmé Melissa, 42 ans et très impliquée dans le mouvement. « Nous sommes toujours dans la rue […], ensemble face au gouvernement corrompu ».

Même si la mobilisation est toujours active, « on reproche à ce mouvement d’avoir été trop poli, trop pacifique, de ne pas avoir su se transformer en mouvement politique pour faire face à une classe politique qui a prouvé qu’elle était très solide », note Zeina Antonios, correspondante de France 24 au Liban. « Le système politique n’est pas ébranlé facilement », résume-t-elle. « Mais les manifestants se disent déterminés à reprendre ».

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Les protestations avaient débuté à l’automne 2019 en raison d’un projet gouvernemental visant à taxer les appels via l’application WhatsApp, puis s’étaient transformées en un mouvement national d’une ampleur inédite pour exiger le remaniement complet de la classe politique au pouvoir depuis des décennies et perçue comme incompétente et corrompue.

Éviter « le chaos et la paralysie »

La France a de nouveau appelé vendredi soir les forces politiques libanaises à « prendre leurs responsabilités » pour éviter « le chaos et la paralysie », alors que les consultations à Beyrouth en vue de désigner un nouveau Premier ministre ont été repoussées.

« Alors que la crise économique et sociale, aggravée par les conséquences de l’explosion du 4 août, affecte de plus en plus durement les Libanais, la formation d’un gouvernement de mission capable de mettre en œuvre les réformes nécessaires continue à prendre du retard, malgré les engagements réaffirmés par l’ensemble des forces politiques libanaises », a fait savoir le ministère des Affaires étrangères.

Le Quai d’Orsay rappelle que ces forces politiques portent seules « la responsabilité de ce blocage prolongé, qui empêche toute réponse aux attentes exprimées par la population libanaise ».

Un an de crise économique, sociale et politique

Le pays fait face à la pire crise économique depuis la guerre civile (1975-1990) et de plus en plus de Libanais sombrent dans la pauvreté, le chômage et la faim, poussant nombre d’entre eux à tenter leur chance à l’étranger.

Le pays n’est pas non plus épargné par l’épidémie de nouveau coronavirus, qui a amené les autorités à interdire les manifestations et les rassemblements publics. Mais même avec une capacité de mobilisation affaiblie, beaucoup arguent que la rancœur n’a fait qu’augmenter.

« L’an II de la Thaoura », titre en première page le quotidien francophone L’Orient-Le Jour, reprenant le mot arabe signifiant « révolution » et utilisé par la majorité des Libanais pour se référer au mouvement de protestation.

À Tripoli, dans le nord du pays, surnommée « la mariée de la révolution » pour l’enthousiasme de ses habitants dans la contestation, les rassemblements ont débuté dès vendredi soir. « Nous saluons notre révolution qui, nous le croyons, continue toujours et ne mourra pas tant que nos exigences n’auront pas été satisfaites », a affirmé Taha Ratl, un manifestant de 37 ans. « Nous voulons qu’ils partent tous », a-t-il ajouté en référence aux dirigeants.

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